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Restitution des résultats d’une enquête sur l’exposition des enfants aux violences au sein du couple

 
 

La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre permet chaque année à l’ensemble des acteurs et actrices de réaffirmer l’importance d’une mobilisation collective contre les violences faites aux femmes. Cette journée est aussi l’occasion de renforcer la visibilité des dispositifs d’écoute pour permettre aux victimes de sortir des violences.

En Haute-Vienne, Jérôme DECOURS, secrétaire général de la Haute-Vienne a participé le vendredi 24 novembre à 14h30 aux échanges organisés autour de la restitution des résultats d’une enquête nationale sur l’exposition des enfants aux violences au sein du couple présentée par Laurent Barbe du Conseil recherche évaluation sciences sociales (CRESS).

Nombreux sont les enfants et adolescents concernés (une famille sur dix) qui présentent des troubles de santé au moins en partie liés à ce contexte de vie particulier que sont les violences conjugales.

L’expérience interne des enfants spectateurs de ces violences et les conséquences pour leur développement demeurent un champ important à explorer et une articulation spécifique à mener pour assurer une prise en charge efficace.

C’est dans cette perspective que Raphaël Le Méhauté, préfet de la Haute-Vienne, a souhaité marquer cette journée en invitant Laurent Barbe du Conseil recherche évaluation sciences sociales (CRESS) pour la restitution des résultats d’une enquête récente sur l’exposition des enfants aux violences au sein du couple. Cette séquence a été couplée à la présentation d’une initiative réalisée par Céline Jamenot, psychologue au centre d’information des droits des femmes et des familles de Tours.

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CHIFFRES CLÉS

Violences conjugales

  •  Chaque année, 223 000 femmes âgées de 18 à 25 ans sont victimes de violences graves de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Parmi elles, 14 % portent plainte. 
  •  En France, au cours de l’année 2016, 138 personnes sont décédées, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire de vie. 109 femmes sont décédées en une année
  •  29 hommes
  •  9 enfants sont décédés concomitamment à l’homicide de leur père et/ou mère
  •  Il est important d’ajouter à ce chiffre que 16 enfants ont été tués dans le cadre de violences conjugales sans que l’autre parent ne soit tué.

Enfants victimes des violences conjugales

  •  143 000 enfants vivent dans un foyer où une femme a déclaré être victime de violences physiques et/ou sexuelles de la part de son conjoint. 42 % de ces enfants ont moins de 6 ans. 
  •  Les répercussions économiques de ces violences et leurs incidences sur les enfants en France ont été estimées à 3,6 milliards d’euros en hypothèse basse

 ► Violences sexuelles

  •  Chaque année en moyenne, 62000 femmes et 2700 hommes âgées de 20 à 69 ans sont victimes de viols ou tentative. Dans 90 % des cas, la victime connaît son agresseur.

Prostitution et exploitation sexuelle

  •  L’office central pour la répression de la traite des êtres humains estime à 30000 le nombre de personnes prostituées en France. 96 % sont des femmes

UN ENGAGEMENT SANS RELÂCHE DE LA PART DE L’ÉTAT

La lutte contre les violences faites aux femmes fait l’objet d’une politique publique à part entière depuis plus de 10 ans. Le 4ᵉ plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes (2014-2016) a contribué au renforcement du repérage et de la prise en charge des victimes.

Si l’accompagnement et la mise à l’abri des femmes victimes de violences a progressé, en revanche, les faits de violences et le nombre de victimes reste dramatiquement stable.

La lutte contre ces violences doit donc être menée sans relâche. C’est pourquoi le Gouvernement a lancé un 5ᵉ plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes (2017-2019).

En Haute-Vienne, ce plan est décliné dans le cadre d’un plan stratégique départemental lancé notamment à l’occasion d’un comité de pilotage en janvier de cette année. Ce plan met en priorité l’accent sur la prévention et la lutte contre les violences intrafamliales Il permet d’améliorer la visibilité des violences, de sensibiliser et de promouvoir le respect, d’améliorer la prise en charge des victimes, des auteurs et des enfants.

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Quelques exemples de mesures déployées en Haute-Vienne

  •  La signature d’une convention pour la mise en place d’un travailleur social du centre d’action sociale de Limoges dont la mission consiste à assurer une permanence au commissariat pour un premier contact et une orientation après analyse de la situation,
  •  Des sessions de formation des professionnels (gendarmes, policiers) qui constituent le premier recours des femmes victimes de violences sont dispensées chaque année afin d’améliorer l’accueil des victimes et la connaissance de ce phénomène. Ces cycles de formation sont élargis aux travailleurs sociaux, éducateurs, infirmiers, et depuis cette année aux professionnels de santé des centres hospitaliers,
  •  L’organisation d’actions éducatives de prévention des comportements et discriminations sexistes et sexuelles auprès des scolaires au cours desquelles est notamment abordée la question du respect mutuel dans les relations garçons-filles,
  •  Les lieux d’écoute de proximité pour mettre à l’abri, parfois dans l’urgence : l'ARSL peut assurer un hébergement d'urgence ou à plus long terme et propose un accueil de jour. AVIMED et le CIDFF accompagnent également les femmes dans leurs démarches vers la sortie de la violence et l'organisation de leur vie et les informent sur leurs droits. L’association ALSEA propose un lieu de visite familiale « Trait-d’union » entre les enfants mineurs et le parent auteur de violences.
  •  Des places en hébergement d’urgence sont dédiées aux femmes victimes de violences.

Au niveau national

 Le 3919, numéro d’écoute et d’orientation de référence. Anonyme et gratuit, il est adapté aux femmes victimes de toutes formes de violences (violences conjugales, viol, agression sexuelle, harcèlement, violence psychologique, mariage forcé, excision, etc.). Des professionnels formés écoutent et orientent les femmes vers un accompagnement spécialisé. (50000 appels/an en moy.)

 

3919

Les priorités départementales pour 2018

  •  Mise en place de l’intervenant social au sein du commissariat de Limoges 
  •  Finaliser l’outil définissant le cadre de la prise en charge d’une victime par les différents acteurs pour optimiser l’action collective et répondre aux besoins et à l’urgence de jour comme de nuit
  •  La réalisation d'une "boite à outils" pour organiser la prise en charge des enfants et des adolescents.
  •  Signer une convention « bons transports » pour les femmes les plus isolées : ces bons pourront non seulement concerner l’acheminement vers un lieu d’hébergement d’urgence, ce qui est déjà en pratique dans le département mais aussi assurer le transport vers des lieux d’expertises médicales ou d’audiences judiciaires.
  •  Mettre en place le parcours de sortie de la prostitution dont la vocation est d’offrir aux personnes désireuses de sortir de la prostitution les moyens de se libérer de leur proxénète et d’envisager un autre avenir. Une commission départementale de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle a été créée. Présidée par le préfet, elle réunit des représentants de l’État et des collectivités territoriales, un magistrat, des professionnels de santé et des représentants d'associations. Elle coordonne l'action en faveur des personnes prostituées au niveau départemental d'une part, et rend un avis sur l'engagement des personnes dans le parcours de sortie de la prostitution d’autre part.

1 Étude réalisée par Pystel en 2014