Présentation du livre "Honoré-Jean Champcommunal : carnets de campagne 1915-1920"

 
 
"Honoré-Jean Champcommunal : carnets de campagne 1915-1920"

Michel JAU, préfet de la Haute-Vienne, a préfacé le livre "Honoré-Jean Champcommunal : carnets de campagne 1915-1920".

Le livre, qui reprend les textes consignés dans des carnets par Honoré-Jean Champcommunal pendant 5 ans, est publié dans le cadre du Centenaire de la première Guerre Mondiale par les Editions Culture et Patrimoine en Limousin.

Il a été présenté jeudi 3 avril par Mme Josépha Herman-Bredel, éditions culture et patrimoine en Limousin, et M. Philippe Grandcoing, historien, en présence des enfants et petits-enfants de M. Honoré-Jean Champcommunal.

Un enfant de la Haute-Vienne

Né à Saint-Sylvestre, cultivateur, Honoré-Jean Champcommunal est mobilisé à 19 ans (avril 1915) et part, muni de son certificat d’études – signe, pour l’époque, de certaines capacités scolaires. Bon élève, Honoré-Jean sera aussi un bon soldat.

Défendre « le droit et la civilisation »

C’est la devise qu’il inscrit sur son premier carnet. Il se comportera de façon exemplaire jusqu’à sa démobilisation (septembre 1919) : citations, croix de guerre, médaille militaire, grade de caporal…
Plusieurs fois blessé et gazé, atteint de sclérose pulmonaire, il sera plus tard réformé et poursuivra une carrière de Trésorier général d’Algérie jusqu’en 1959.

Le mystère des carnets

Longtemps perdus, ces carnets ont suivi les voies du hasard pour, finalement, être acquis en 2008, par les Archives municipales de Limoges : 4 carnets sur 5 sont ainsi réapparus. C’est en 2013, quand se précise le projet de publication, que les descendants directs sont retrouvés et consultés sur ce projet: ils ignoraient eux-mêmes l’existence des écrits de leur père à l’époque de la « Grande Guerre ».

Des écrits singuliers

La particularité de ces manuscrits est de ne pas être destinés à une quelconque publication, ni  postérité. Écrits « pour soi », à la première personne, leur sincérité, leur authenticité n’en rendent le récit que plus saisissant ; ils disent le quotidien d’un soldat ordinaire qui veut en fixer le souvenir.
Passé certaines pages aux détails minutieux, au vocabulaire quasi militaire, le lecteur sera entraîné dans les tribulations subies, dans des scènes surréalistes brossées sans complaisance ni recherche d’effets. Face aux visions d’horreur, Honoré-Jean réagit en homme de la terre, bouleversé par les carnages subis par les paysages… mais toujours sensible aux chants des oiseaux.

L’émancipation d’une pensée

Traversant les régions de combats, affrontant l’ennemi, sûr de sa mission, il fera partie des troupes d’occupation en Allemagne, l’armistice signé. Il porte alors un regard objectif – étonné – sur l’adversaire avec qui il dialogue. On sent l’affirmation d’un esprit critique qui, déjà, s’exprimait de plus en plus au cours de sa dernière année de guerre.
Impartial, toujours fidèle à ses valeurs morales, il finira, 3 mois après sa démobilisation, par reprendre son dernier carnet pour y inscrire un épilogue vigoureux ; le ton, lyrique, est celui d’un tribun. Son violent réquisitoire contre la guerre s’achève sur l’appel à un pacifisme universel.

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la préface par Michel Jau Préface HJC

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