Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

 
 
Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

La journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre permet chaque année à l’ensemble des acteurs et actrices de réaffirmer l’importance d’une mobilisation collective contre les violences faites aux femmes.

Cette journée est aussi l’occasion de renforcer la visibilité des dispositifs d’écoute pour permettre aux victimes de sortir des violences. En Haute-Vienne, Angélique Rocher-Bedjoudjou, directrice de cabinet du préfet s’est rendue à l’accueil de jour des femmes victimes de violences porté par l’association de réinsertion sociale du Limousin (ARSL). Après une visite des lieux, elle a échangé avec des femmes victimes de violences.

Accueil de jour de l’ARSL

Dans le cadre du 4ᵉ plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences, l’État a en effet souhaité doter tous les départements d’un dispositif « accueil de jour » pour accompagner les femmes victimes de violences conjugales dans un processus de séparation et leur permettre un accès à l’autonomie.

C’est dans ce cadre qu’un lieu ressource porté par l’ARSL a été créé spécifiquement pour l’accueil de jour des femmes victimes de violences. Ce dispositif d’accueil de jour est financé exclusivement par l’État.

Cette structure de proximité ouverte sans rendez-vous durant la journée est un lieu convivial, gratuit et anonyme. Il est aussi un lieu de prévention, de soutien, d’écoute, d’aide et d’accompagnement respectueux des choix de la personne accueillie.

Au 31 octobre 2016, 131 femmes victimes de violences au sein du couple ont été reçues et accompagnées à « l’accueil de jour ». Ce nombre en augmentation par rapport à 2015 (93 femmes), peut s’expliquer par une meilleure connaissance du dispositif par les partenaires extérieurs.

Des violences qui demeurent massives

  •  Chaque année, 223 000 femmes sont victimes de violences graves et seulement 14 % portent plainte.
  •  En 2015, 122 femmes sont décédées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon.
  •  En moyenne, une femme décède tous les 3 jours et un homme tous 17,5 jours. Les morts violentes au sein du couple enregistrent une diminution de 7 faits par rapport à l’année précédente.
  •  Chaque année, 84 000 femmes sont victimes de viol.
  •  145 000 enfants vivent dans un foyer où une femme a déclaré être victime de violences physiques et/ou sexuelles de la part de son conjoint. 42 % de ces enfants ont moins de 6 ans. 
  •  11 enfants sont décédés concomitamment à l’homicide de leur père et/ou mère.

Un engagement sans relâche de la part de l’État

L’État agit avec détermination pour faire reculer les violences faites aux femmes et mieux protéger les victimes. Des progrès considérables ont été réalisés grâce au 4ᵉ plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes (2014-2016). Les violences faites aux femmes sont désormais mieux connues, davantage dénoncées et les victimes mieux prises en charges.

Violences femmes 2016

Présentation des dispositifs mis en œuvre pour lutter contre les violences faites aux femmes en Haute-Vienne par Mme Angélique Rocher-Bedjoudjou, directrice de cabinet du préfet en présence de Mme Sophie Raix, déléguée aux droits des femmes, Mme Séverine Perreira, animatrice et référente du dispositif "accueil de jour" et de Monsieur Tony Tagglione, directeur adjoint du pôle insertion.

Quelques exemples de mesures déployées en Haute-Vienne

  •  Les lieux d’écoute de proximité : l'ARSL peut assurer un hébergement d'urgence ou à plus long terme et propose un accueil de jour. AVIMED et le CIDFF accompagnent également les femmes dans leurs démarches vers la sortie de la violence et l'organisation de leur vie et les informent sur leurs droits.
  •  La signature du protocole départemental relatif au traitement des mains courantes et des procès-verbaux de renseignements judiciaires en matière de violences conjugales, le 10 décembre 2014, permet d’organiser l’action publique afin de donner une suite systématique aux dépôts de plaintes et mains courantes déposées par les femmes.
  •  Organisation de marches exploratoires dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville à Limoges, coordonnées par le CIDFF, le centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Limousin.
  •  Désignation d’un référent départemental « femmes victimes de violences » au sein de l’ARSL.
  •  De même, au sein de l’ARSL, le dispositif « Mots pour Maux » propose des groupes de parole à destination des victimes ainsi que des auteurs de violence.
  •  Des places en hébergement d’urgence sont dédiées aux femmes victimes de violences.
  •  Des formations en direction de différents professionnels (police, gendarmerie, travailleurs sociaux, sages-femmes).

Au niveau national

  •  Le 3919, numéro d’écoute et d’orientation de référence. Anonyme et gratuit, il est adapté aux femmes victimes de toutes formes de violences (violences conjugales, viol, agression sexuelle, harcèlement, violence psychologique, mariage forcé, excision, etc.). Des professionnels formés écoutent et orientent les femmes vers un accompagnement spécialisé. (50000 appels/an en moy.)
Affiche 3919

Les priorités pour 2017

Laurence ROSSIGNOL, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes a lancé, le 23 novembre 2016 le 5ᵉ plan (2017-2019) de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes.

Ce plan apportera une attention spécifique à certains publics et problématiques : jeunes femmes, femmes en situation de handicap, enfants exposés aux violences conjugales, femmes étrangères, territoires ruraux et ultramarins, violences sexuelles. Il s’articulera sur une consolidation du parcours des femmes victimes de violences, une réponse à la diversité des territoires, des situations et des types de violences, la prévention des violences en luttant contre le sexisme et la récidive.

Le préfet de la Haute-Vienne en lien avec la DDCSPPdirection départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations et la délégation aux droits des femmes et à l’égalité réunira en début d’année 2017 le comité de pilotage de lutte contre les violences. Ce comité permettra d'évaluer le 4ᵉ plan triennal qui arrive à son terme, de dresser le bilan des actions portés par les acteurs et de présenter les orientations du 5ᵉème plan.

La lutte contre la prostitution sera poursuivie dans le cadre du décret d'application de la loi du 13 avril 2016 sur l'accompagnement des personnes, notamment les femmes, à la sortie du système prostitutionnel, paru le 28 octobre :

→les directions départementales de la cohésion sociale seront les piliers pour la mise en œuvre en concertation avec les déléguées aux droits des femmes,

→des instructions vont être adressées aux préfets pour la mise en œuvre d’une commission spécifique.

Une enquête « Femmes et déplacements dans l’espace public » sera lancée avec le concours de différents partenaires (communauté d’agglomération Limoges Métropole, CIDFF, Université). Ce projet est piloté par l’État et fera l’objet d’une communication dans les prochains jours.